Cybersécurité
Primaire de la gauche : des robots saturent le vote en ligne, le premier tour prolongé
Vendredi 9 octobre, dès l’ouverture du scrutin à 8 h, des robots ont saturé e-votez, la plateforme de vote en ligne de la primaire de la gauche sociale-démocrate. Une plainte est déposée et la clôture du premier tour est repoussée à dimanche 18 h. Selon les organisateurs, aucun bulletin n’a été touché, mais les électeurs n’ont pas pu accéder au vote.
Par Thibaut Lefort, Octolinks.fr ·

Une saturation, pas une effraction
Selon Clubic, la commission d’organisation de la primaire « Choisir 2027 » décrit une cyberattaque destinée à « porter à son maximum le nombre de connexions simultanées par le biais de bots ». Le procédé est rudimentaire. Des programmes ouvrent des sessions en masse, les gardent actives et occupent la place des vrais électeurs, qui tombent sur des pages très lentes ou sur des refus d’accès. Un membre de l’organisation cité par Clubic mesure l’écart : la plateforme est dimensionnée pour environ 10 000 connexions simultanées, et les pics ont atteint 20 000 pendant l’attaque.
Personne n’a revendiqué l’opération et l’origine des robots reste inconnue. Interrogé par franceinfo, Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation, qualifie l’attaque de « scandaleuse » et y voit une action organisée plutôt qu’un acte isolé. Il annonce qu’« une plainte a été déposée à midi » et que les autorités de l’État sont saisies.
Un calendrier bousculé
À 19 h vendredi, 20 000 personnes avaient voté sur 140 000 inscrits. En fin d’après-midi, Patrick Mennucci n’envisageait pas encore de prolonger le scrutin, et la commission faisait le point toutes les deux heures. Le soir, elle a tranché : la clôture du premier tour, prévue samedi à 20 h, glisse à dimanche 11 octobre à 18 h, rapporte Le Monde. Un éventuel second tour reste prévu les 16 et 17 octobre.
Sur l’intégrité, la commission se veut rassurante. Dès midi, elle garantit que les votes enregistrés sont intacts. En soirée, après l’intervention d’« experts techniques » qu’elle ne nomme pas, elle fait état de « l’absence d’altération de la sincérité du scrutin ». Elle dit avoir pris « les mesures nécessaires dès l’identification de l’attaque », sans préciser lesquelles.
Bloquer la porte suffit
L’épisode rappelle qu’un attaquant n’a pas besoin de truquer l’urne pour peser sur un vote. Un site qui rame le premier jour décourage une partie des électeurs, oblige à revoir le calendrier et nourrit le doute, même sans un seul bulletin modifié. Clubic souligne que la CNIL reste « très réservée » sur le vote à distance pour les scrutins politiques. La commission n’a pas dit si e-votez suit la version de 2019 ou celle d’avril 2026 de la recommandation de l’autorité.
Le même point faible guette des usages bien plus ordinaires. L’assemblée générale d’une association, un jeu-concours ou une boutique en ligne un jour de soldes tiennent tous à une seule chose : la capacité d’accueillir les vrais visiteurs quand des robots se pressent à l’entrée.
Notre avis
Pour la rédaction, l’erreur tient moins à l’attaque qu’à la marge. Une plateforme prévue pour 10 000 connexions et frappée par 20 000 n’avait aucune réserve. Tout vote en ligne, comme toute boutique, devrait se dimensionner pour le double du pic attendu, filtrer les robots avant qu’ils n’atteignent la page de vote et disposer d’un plan de prolongation écrit avant le jour J, pas improvisé le soir même.
Avant votre prochaine AG en ligne ou votre prochaine opération commerciale, demandez à votre prestataire trois réponses écrites : sa capacité en connexions simultanées, son dispositif de filtrage des robots et sa procédure si le scrutin ou la vente doit être prolongé.
Sources
- Cyberattaque contre e-votez : comment des bots ont perturbé le vote en ligne de la primaire de gauche Clubic, 09.10.2026
- Primaire à gauche : le vote est prolongé jusqu’à dimanche 18 heures, en raison de la cyberattaque qui a visé la plateforme Le Monde, 09.10.2026
- Une plainte déposée après la cyberattaque visant la plateforme de vote de la primaire de la gauche franceinfo, 09.10.2026
Article rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources citées, relu et validé par Thibaut Lefort. La présentatrice du 8 h est un personnage généré par IA ; elle ne signe aucun article. Notre méthode.
